Le prince Charles-Joseph de Ligne

Quelques mots sur l'auteur :

Charles-Joseph de Ligne

Maréchal, diplomate et homme de lettres belge né le 12 mai 1735 à Bruxelles, Charles-Joseph de Ligne est décédé le 13 décembre 1814 à Vienne en Autriche.

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Les 49 citations de Charles-Joseph de Ligne :

J'aime l'esprit de ceux qu'on ne peut nommer précisément hommes d'esprit. Ils en ont souvent par leur manière juste de voir, de sentir et de l'exprimer. Du reste, ils ne savent rien, ne pourraient pas faire un vers, et ne sont pas fort aimables ; mais ils sont justes et clairs.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

L'homme tel que je le désire, capable de grandes choses, ne peut pas avoir deux mois de raison par an. Je parie que César, Alexandre, le grand Condé, n'en ont jamais eu davantage.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

Pourquoi peint-on toujours la justice avec une épée et avec une balance ? Je voudrais quelquefois lui mettre un voile. Il est souvent de la justice de ne pas faire justice.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

Vilaines gens que nous sommes, comme nous sommes nés méchants et cruels ! L'enfant qui est au monde depuis quelques semaines frappe sa nourrice : à six semaines il bat tout ce qu'il rencontre, et tourmente ordinairement le petit chien de la maison. Le valet cherche un valet plus valet pour le tourmenter ; et puis c'est un postillon de la poste qu'il gronde ou qu'il bat, et puis un pauvre qu'il rebute. L'ouvrier de la ville, le savetier insultera à celui qui travaille au village ; et celui-ci cherchera peut-être encore quelqu'un plus petit à ses yeux pour le maltraiter. Nous sommes toujours opprimés ou opprimants.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

Ce n'est pas à prendre un amant que les femmes se perdent de réputation, c'est à hésiter de le rendre heureux. Sans s'en douter, elles sont la fable du public qui les juge déjà avec rigueur. C'est devant lui que les premières scènes se passent ; et il en suppose de plus agréables dans le particulier.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

On est bien plus brillant devant l'ennemi quand on est avec des gens dont on fait du cas, surtout quand on n'a pas encore été avec eux dans le feu. On fait alors des prodiges, que seul on ne ferait peut-être pas autant.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

La jalousie dure plus longtemps que l'amour. On est déjà bien détaché l'un de l'autre ; on est même déjà attaché ailleurs, qu'on s'imagine encore avoir des droits sur l'autre. C'est que l'amour-propre est le dernier qui s'en va.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

Le poltron ne calcule pas bien. L'incertitude d'un coup d'épée ou d'un coup de fusil devrait se comparer à la certitude du déshonneur, et à l'incertitude d'avoir vingt mauvaises affaires pour ne s'être pas bien présenté à la première. Ils finissent toujours par être tués.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

L'amour-propre d'un sot est aussi dangereux que celui d'un homme d'esprit est utile. L'un a toujours peur qu'on dise qu'il se laisse conduire ; il fait un petit choix honteux et ténébreux pour qu'on ne le sache pas ; ou va réellement tout seul, et de travers. L'autre demande les avis des gens de mérite, et ne suit que les meilleurs. Le premier est en proie à des gens inconnus ; et le second ne craint pas qu'on l'accuse de se laisser mener.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

C'est faire bien de l'honneur aux nobles que de s'en embarrasser. Ils tombent d'eux-mêmes, s'ils sont des gens sans valeur, et décréditent bien mieux la noblesse qu'un sot décret. Cela se voit tous les jours. Si l'on a quelque égard pour un grand nom, c'est comme on en a pour une vieille pièce de monnaie.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

Il y a des enfants sérieux, et c'est la plus mauvaise espèce. Il y en a qui n'ont jamais ri, qui n'ont aucun goût, aucun plaisir dans le monde ; ils blâment celui des autres ; ils empêchent d'en prendre ; ils n'admirent rien ; ils rabaissent tout. Je sais mieux qu'eux que rien n'est parfait, et que le bon est rare : mais du moins je le cherche ; si j'en trouve un peu chez un homme, ou dans un livre, je suis content.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

N'est-il pas déplorable qu'on ne se soit pas contenté de quelques progrès de la raison, et qu'on ait choisi le temps où elle avait le plus gagné, pour en abuser par le philosophisme, et la destruction de tout ce qu'il y a de plus sacré et de plus nécessaire ?
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

Si l'on ne me trouve pas assez de sensibilité qu'on me plaigne ou qu'on m'envie. Ce ne sont pas ceux qui en parlent le plus qui en ont davantage.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

Il y a des gens à qui il va si mal d'avoir l'air de penser, qu'ils veulent le faire croire. Ils aiment à dire qu'ils ont des sujets de réflexion, même de tristesse ce jour-là. Il n'en est rien : ils sont comme toujours.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

À force d'esprit, n'en ayons plus.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

S'il y a beaucoup de coquins en ce monde, il y a aussi beaucoup de coquines.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Un sot du grand monde voit mieux sur tout plein d'objets qu'un homme de lettres : son imprimeur, un journaliste qu'il ménage, un financier qui lui donne à souper, une fille de Paris qui, voulant faire la savante, partage avec lui un poulet étique ; et toutes les académies dont il peut être, ne lui apprendront jamais à connaître les hommes.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

Un original est souvent bon diable. Son originalité est fondée sur la certitude qu'il a de son caractère ; cela fait qu'il néglige les manières communes. Il pourra avoir beaucoup de défauts, mais il ne sera sûrement ni faux ni rampant.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

J'aime mieux les gens bornés tout-à-fait que les demi-éclairés.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

La vigueur exempte de la rigueur.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

La mauvaise humeur est comme une mauvaise herbe qui mange tout, et empêche tout ce qui est bon, en plantes et en semences de grandir, et par conséquent de se reproduire et de profiter.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Pour plaire, il faut savoir descendre de son piédestal et se mettre à la portée du plus grand nombre.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

L'amour-propre et le défaut d'esprit gâtent souvent tout dans la société comme dans les affaires.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Les fourbes sont toujours sur leur garde, et les sots aussi ; les bons et les gens d'esprit jamais. Les fourbes croient lire dans les yeux d'autrui qu'ils sont découverts ; les sots, eux, se méfient de tous ceux à qui ils trouvent de la supériorité ; et les hommes bons ou spirituels, ont assez bonne opinion des autres pour s'en croire aimés.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Ceux qu'on soupçonne le moins sont bien souvent ceux dont on devrait le plus se méfier.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)