Auguste Guyard (2)

Les citations de Auguste Guyard :

Il faut des larmes extérieures aux passions délirantes. Le cœur éclate sous la pression du réservoir intérieur quand les yeux ne lui donnent point une issue. L'âme a, comme le corps, des congestions terribles qui ne peuvent être conjurées que par des saignées. Les larmes sont les saignées du cœur.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

La modestie, quand elle est vraie, est la pudeur de l'esprit ; mais le plus souvent elle n'est qu'un voile dont nous couvrons notre amour-propre et notre vanité. Aussi gardons-nous bien, si nous voulons conserver nos amis, de les prendre au mot lorsqu'ils parlent d'eux-mêmes avec modestie.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

On ne doit pas plus se glorifier de sa modération que de son tempérament ; car, en toute chose, la modération est, bien plus souvent, le fruit du tempérament que de la raison.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Si tu n'as pas mené de front et supporté avec courage la misère, l'amour et l'honneur, tu n'es pas sûr d'être honnête homme et tu n'en as pas, non plus, mérité le diplôme.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Mères imprudentes ! cessez de confier à l'orgueil la garde de la chasteté de vos filles. Un vice sentinelle incorruptible d'une vertu ! y pensez-vous ? La philosophie ou la religion seules peuvent remettre pure une jeune fille aux bras d'un époux aimé.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

La plupart des dévots croient que la dévotion est la route la plus sûre qui mène au salut ; ils se trompent grossièrement : la dévotion n'est qu'une vertu. On peut être fort dévot et fort méchant tout ensemble ; les dévots, pour la plupart, croient trop souvent pouvoir remplacer les vertus par des orémus.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

La politique divise les hommes en cent partis contraires qui n'ont, comme les bêtes féroces, d'autre science que celle de la destruction. La philosophie les divise seulement en généreux ou bons, et en égoïstes ou méchants. Chaque parti contient des uns et des autres ; rechercher les généreux, fuir les égoïstes, voilà tout le secret du bonheur pour l'homme juste qui a fait la triste expérience des hommes de partis.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Bâiller en dehors est dangereux, on peut se démettre la mâchoire. Il faut donc apprendre à bâiller en dedans, mais comment faire ? Hommes d'esprit, allez un hiver dans le monde !
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Généralement, nous estimons beaucoup moins, chez les autres, les vertus qui nous sont inutiles que les vices dont nous pouvons tirer profit. Bien des gens n'ont pas certains défauts et certains vices, parce qu'ils souffrent plus des désagréments qu'ils en éprouvent, qu'ils ne jouissent des avantages qu'ils en retirent.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

On dit ordinairement un jeune saint et un vieux pécheur, rarement un jeune pécheur et un vieux saint. Les saints sont pour la plupart de jeunes fous, de jeunes fanatiques de la vertu ; les pécheurs, de vieux fous, de vieux fanatiques de la sagesse. Un jour, dans la vallée du Jugement, les jeunes fous, placés à la droite du Christ, l'accompagneront dans sa gloire, à la grande mystification des vieux sages qui s'en iront, en grommelant, dans la fournaise, pour y fondre la glace de leur sagesse.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Les qualités qui rayonnent du centre à la circonférence de l'homme, telles que : la générosité, la bienfaisance, etc., sont des vertus ; celles qui se meuvent de la circonférence au centre, comme la prudence, la modération, la prévoyance ne sont que des sagesses. La sagesse est donc l'antagoniste de la vertu.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Un marchand de sagesse n'en vendrait pas, en trois mois, de quoi payer son terme ; et serait au bout de six, obligé de fermer boutique. Le marchand d'une folie nouvelle deviendrait millionnaire en quinze jours !
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Lequel vaut mieux : commencer par la sagesse et finir par la folie, comme Salomon ; ou bien, commencer par la folie et finir par la sagesse, comme le vulgaire ? Moralistes qui n'avez jamais payé de contributions à ce percepteur inexorable qu'on appelle faiblesse humaine, répondez !
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

En général les hommes spéciaux sont les plus mauvais juges des œuvres de leur spécialité. Un public non spécial, mais éclairé, appréciera certainement mieux un livre, un tableau, au point de vue du but, qu'un littérateur, un peintre, etc. L'homme spécial est ordinairement borné, instinctivement jaloux et partial. Sa critique n'a souvent d'autre critérium que des règles arbitraires ou conventionnelles ; et il croirait faire preuve d'un moindre talent à trouver les qualités d'un ouvrage plutôt que ses défauts.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

L’orgueil des savants a rendu la science longue et difficile. Omar serait le plus grand des professeurs si, avant de réduire en cendres la bibliothèque d'Alexandrie, il l'eût fait résumer en quelques petits volumes. Toute cette pauvre science humaine, dont nous sommes si fiers, serait assurément fort à l'aise dans le plus mince des in-32, et s'apprendrait facilement dans vingt-quatre heures. Et nous mettons dix ans à faire un bachelier !
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Les corps savants, en leur qualité de conservateurs inintelligents de la science, sont, par toute la terre, opposés au progrès. Les académiciens sont les douaniers de la science ; leur consigne semble être de faire feu sur toute idée nouvelle qui tenterait de franchir, par contrebande, le seuil des académies.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Affecter un air de supériorité dédaigneuse, c'est se montrer inférieur à ceux que l'on croit surpasser : on n'affecte que ce qu'on n'a pas.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Vus de près, ô vous ! qu'on appelle grands, vous n'êtes souvent, pour la plupart, que des petits hommes élevés sur un fragile piédestal. Si donc on vous appelle grands, ne serait-ce point par épigramme, ou bien pour vous apprendre ce que vous devriez être ?
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Les hommes rangés sont des prosaïques bourgeois qui ne se sentent point assez de qualités ou de vertus pour se faire pardonner leurs défauts ou leurs vices.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Les hommes se jugent à leurs chutes. Toute chute qui ne donne point à l'homme tombé un ressort pour remonter, ou pour s'élever plus haut, ne fait que le remettre à sa place.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Pour comprendre le présent, le réel, le possible, il faut les dépasser par l'inspiration. Les poètes sont, en toute chose, les seuls hommes véritablement positifs et pratiques. La plupart des prétendus hommes d'état embrassent à peine l'horizon du présent. Ce sont des autruches qui ne voient jamais au-delà du trou dans lequel, au moment du danger, ils courent aussi cacher leurs têtes.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

La poésie, en général, est une aspiration de l'âme humaine vers le beau idéal, le bon idéal, en un mot, vers le mieux et la perfection en toute chose. Mais qu'est-ce que le beau, le bon idéal, le parfait, sinon Dieu lui-même ? La poésie est donc une aspiration vers Dieu ; c'est, si l'on peut s'exprimer ainsi, une succession d'essais audacieux ne tendant a rien moins qu'à réaliser, à créer Dieu progressivement. Le poète, l'artiste sont donc, à leur su ou à leur insu, les plus pratiquement religieux des hommes, puisqu'ils cherchent constamment à idéaliser le réel et à réaliser l'idéal.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Les véritables utopistes sont ceux qui combattent, de bonne foi, les utopies ; ignorant que l'impraticable a seul été pratiqué, jusqu'ici, parmi les hommes. Que nous montre, en effet, l'histoire ? Une série d'impossibilités successives, se disputant et s'arrachant, par la violence ou par la ruse, le gouvernement et l'exploitation des pauvres humains. Oui, l'impossible est seul possible ici-bas. Ceux qui dominent par la grâce d'une vieille utopie le savent bien. Aussi, est-ce beaucoup moins aux utopies nouvelles elles-mêmes qu'ils font la guerre qu'aux utopistes nouveaux dont la devise sera nécessairement toujours : ôte-toi de là que je m'y mette. Si l'utopie pouvait se présenter sans l'utopiste, elle serait ordinairement la bienvenue, car nous aimons tous naturellement la nouveauté et le changement, lorsqu'ils n'ont point pour but de nous déplacer et de nous changer nous-mêmes.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

Bien des gens nient la perfectibilité de notre espèce pour se dispenser de travailler au progrès de l'humanité, et à leur propre perfection. Mais ils sont punis par les révolutions et par des maux sans nombre de leur mauvais vouloir ou de leur paresse ; car Dieu attache une commotion douloureuse à chaque pas stationnaire ou rétrograde de l'homme, pour lui apprendre qu'il doit marcher en avant.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

L'impossible est une idée qui a pris sa source dans l'ignorance et la sottise humaines. Une seule chose est impossible à l'homme : c'est d'imaginer un roman, une utopie, un rêve, un idéal, une chimère, une contradiction même qui ne puissent se réaliser, un jour, pour son globe, et qui ne soient actuellement réalisés dans quelque partie de l'Univers. Le roman n'est que l'histoire anticipée de l'avenir.
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

La liste des auteurs populaires :