Les citations célèbres d'Alain.

1 - Notre citation favorite d'Emile-Auguste Chartier, dit Alain :

Photo de Emile-Auguste Chartier, dit Alain On devrait enseigner aux enfants l'art d'être heureux. Non pas l'art d'être heureux quand le malheur vous tombe sur la tête, mais l'art d'être heureux quand les circonstances sont passables et que toute l'amertume de la vie se réduit à de petits ennuis. Il faudrait expliquer aux enfants et aux jeunes gens, aux hommes aussi, que les plaintes sur soi ne peuvent qu'attrister les autres, c'est-à-dire en fin de compte leur déplaire, même s'ils cherchent de telles confidences, même s'ils semblent se plaire à consoler. Car la tristesse est comme un poison ; on peut l'aimer, mais non s'en trouver bien, a écrit Emile-Auguste Chartier, dit Alain. (Extrait : Les propos sur le bonheur, ouvrage publié en 1925.)

2 - Les pensées et citations célèbres d'Alain :

Voir, c'est vouloir voir ; vivre, c'est vouloir vivre : toute vie est un chant d'allégresse.

- Propos d'un Normand (1912)

La vertu d'un homme ressemble bien plus à ses propres vices qu'à la vertu du voisin.

- Propos sur l'éducation (1932)

Qu'est-ce qu'un poème, sinon l'insoutenable soutenu ?

- Propos de littérature (1934)

Les vrais problèmes sont d'abord amers à goûter ; le plaisir viendra à ceux qui auront vaincu l'amertume.

- Propos sur l'éducation (1932)

Il n'y a de bonheur possible pour personne sans le soutien du courage.

- Minerve ou de La sagesse (1939)

Un travail réglé et des victoires après des victoires, voilà la formule du bonheur.

- Propos d'un Normand (1912)

Pour être libre par rapport à l'argent, il faut n'en point désirer au-delà du nécessaire.

- Propos d'un Normand (1912)

Le génie, c'est l'action aisée, sans délibération, sans erreur et imprévisible.

- Éléments de philosophie (1916)

La vie est un travail qu'il faut faire debout.

- Propos d'un Normand (1912)

L'oisiveté est mère de tous les vices, mais de toutes les vertus aussi.

- Propos sur le bonheur (1925)

Toute discussion met en péril nos idées les plus assurées ; aussi je n'ai jamais discuté que par jeu ; et dans l'enseignement, jamais je n'ai discuté.

- Histoire de mes pensées (1936)

La paix, c'est la reconnaissance du semblable.

- Les convulsions de la force (1939)

Il faut instruire l'enfant si l'on veut le connaître.

- Éléments de philosophie (1916)

C'est en se mettant à l'œuvre qu'on découvre ce qu'on vaut, ce qu'on sait, en un mot ce qu'on est.

- Éléments de philosophie (1916)

Le premier fruit de la sagesse est le travail.

- Éléments de philosophie (1916)

Dans tout sourire il y a de l'enfance, c'est un oubli et un recommencement.

- Éléments de philosophie (1916)

L'amour est un poème, quelque chose que l'on fait, que l'on compose, que l'on veut.

- Éléments de philosophie (1916)

Celui qui s'ennuie a une manière de s'asseoir, de se lever, de parler, qui est propre à entretenir l'ennui.

- Propos sur le bonheur (1925)

L'amitié est une société libre où la contradiction plaît par la pensée commune qu'elle fait ressortir.

- Éléments de philosophie (1916)

Un cœur sans amour est une vie sans plaisirs.

- Propos d'un Normand (1912)

Aimer, c'est trouver sa richesse hors de soi.

- Éléments de philosophie (1916)

Le rire est le propre de l'homme, car l'esprit s'y délivre des apparences.

- Système des Beaux-Arts (1920)

L'intelligence, c'est ce qui dans un homme reste toujours jeune.

- Propos d'un Normand (1912)

Le vrai désespoir est sans réflexion.

- Propos de littérature (1934)

J'aime mieux une pensée fausse qu'une routine vraie.

- Propos d'un Normand (1912)

Sage, le sourire est sensible ; fou, le rire est insensible.

- Éléments de philosophie (1916)

Dès que nous tenons une opinion, elle nous tient.

- Propos sur l'éducation (1932)

Le métier de surveiller rend stupide et ignorant ; cela est sans exception.

- Propos sur l'éducation (1932)

Les sentiments vrais sont des œuvres.

- Propos sur le bonheur (1925)

Il y a du supplice dans la passion, le mot l'indique.

- Arts et les dieux (1937)

Douter de ce qui est certain, et non pas de ce qui est douteux, voilà l'esprit. Reprendre toutes les vérités acquises et les nier d'abord par provision, ce qui conduit à savoir qu'on peut les nier. Qu'on le doive, c'est le plus haut principe.

- Histoire de mes pensées (1936)

Dès que je suis buté à ne plus penser à une certaine chose, je ressemble à un tyran qui a donné l'ordre d'écarter à jamais un importun.

- Histoire de mes pensées (1936)

L'opinion que je laisse de moi ne me fait rien ; et ceux qui me jugent léger ou pire, je ne remue jamais un doigt pour changer leur opinion.

- Histoire de mes pensées (1936)

J'ai pris l'habitude de ne jamais donner les raisons d'un refus. J'ai compris depuis que refuser en donnant des raisons ce n'est point refuser.

- Histoire de mes pensées (1936)

Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de volonté.

- Propos sur le bonheur (1925)

Penser, c'est inventer sans croire.

- Propos sur l'éducation (1932)

Le bonheur n'est pas le fruit de la paix, le bonheur c'est la paix même.

- Propos sur le bonheur (1925)

Espérer, c'est être heureux.

- Propos sur le bonheur (1925)

Ma grande objection à l'argent, c'est que l'argent est bête.

- Propos de politique (1934)

Les gens, presque toujours je les prends aisément comme ils sont. Même quand j'aurais un miraculeux pouvoir de les changer, je n'en userais pas témérairement. Pourquoi ? Avares, colériques, insouciants, naïfs, rusés, ambitieux, emphatiques, flegmatiques, cela peut plaire ou déplaire ; mais je sais du moins que ce ne sont pas des couleurs qu'on pourrait changer sans changer tout l'édifice, comme on repeint une porte. Au contraire, je craindrais, en essayant de changer ces traits-là, d'en changer d'autres, de rompre un équilibre, et, en voulant corriger quelque défaut, de mutiler une vertu cachée justement derrière.

- Sentiments, passions et signes (1926)

Les grands génies savent défaire les vérités éternelles, car ils arrivent à ce point qu'ils les font dépendre d'un si. L'atome est un fait pour les niais. Le point d'interrogation, pour les intelligents, il est une idée ; aux yeux des grands génies ce n'est qu'une convention.

- Histoire de mes pensées (1936)

On dit que les nouvelles générations seront difficiles à gouverner. Je l'espère bien.

- Propos sur l'éducation (1932)

L'homme s'accorde aux saisons et danse au soleil comme le moucheron.

- Histoire de mes pensées (1936)

Le doute est le signe de la certitude.

- Propos sur l'éducation (1932)

Le vrai chemin du pardon, c'est de comprendre la faute par ses causes.

- Éléments de philosophie (1916)

Comme la fraise a goût de fraise, la vie a goût de bonheur.

- Propos d'un Normand (1912)

Qui se vante de ne point se laisser tromper, c'est celui-là que l'on trompera si l'on peut.

- Sentiments, passions et signes (1926)

Aucune maladie n'a été, et n'est encore grave, que l'enrichissement des serviteurs de l'Etat.

- Propos d'économique (1935)

Nos fautes périssent avant nous ; ne les gardons point en momies.

- Propos sur le bonheur (1925)

La fausseté n'est rien de positif dans l'idée fausse, elle n'est rien de plus que l'absence d'une autre idée.

- Spinoza (1900)

La sagesse ne se pardonne pas de ne pas égaler la beauté.

- Les passions et la sagesse (1960)

Admirer c'est égaler.

- Vingt leçons sur les Beaux-Arts (1931)

Essayer de se souvenir d'un lieu c'est presque toujours essayer d'y aller en imagination.

- Les esquisses de l'homme (1927)

Il vaut mieux agir par amour pour le bien que par haine pour le mal contraire.

- Sentiments, passions et signes (1926)

On élèvera mieux un enfant en méditant sur ce qu'il fait voir de bon qu'en étant attentif seulement à la faiblesse, à la frivolité, à la négligence, aux défauts enfin qu'il montre. Et si vous enseignez le violon, ne remarquez que les notes justes ou presque justes ; laissez les fausses notes tomber dans l'oubli. Faites-y attention, cette règle n'est pas autre chose que la règle de charité. Mais il faut des années pour la découvrir en son immense étendue.

- Sentiments, passions et signes (1926)

Il n'y a point de différence entre rêver et percevoir ; toutes les apparences ont le même prix.

- Sentiments, passions et signes (1926)

La vertu de l'adolescent, c'est la pudeur ; la vertu de l'homme mûr, c'est la justice.

- Sentiments, passions et signes (1926)

Chez l'adolescent, la première conscience est une conscience malade.

- Idées, Introduction à la philosophie (1945)

Une convenance d'esprit fait l'amitié, mais cela ne discipline pas les passions. Les deux brutes restent brutes. Encore plus visiblement quand l'amour prend son objet trop loin. On peut aimer les hommes, aimer la justice, aimer Dieu aussi comme ils disent, et rester un animal sauvage.

- Sentiments, passions et signes (1926)

Les braves gens sont indulgents, ils comprennent les violents, ils les plaignent, ils leur pardonnent ; et enfin ils portent en eux un principe de faiblesse, ils sont heureux. Ils se consolent, ils se résignent. Enfants, ils jouent dans un coin avec un bouchon qu'on leur a laissé. Hommes, les braves gens savent encore se plaire à des biens dont les autres ne veulent pas, ce qui fait qu'ils oublient trop vite le mal qu'on leur a fait.

- Sentiments, passions et signes (1926)

Les braves gens, l'éloge leur plaît autant qu'à d'autres ; mais le blâme les touche au vif, parce qu'ils sont trop portés à se blâmer eux-mêmes, et à grossir leurs plus petites fautes.

- Sentiments, passions et signes (1926)

La force des méchants, c'est qu'ils se croient bons, et victimes des caprices d'autrui. Aussi parlent-ils toujours de leurs droits, et invoquent-ils perpétuellement la justice ; toujours visant le bien à les entendre ; toujours pensant aux autres, comme ils disent ; toujours étalant leurs vertus, toujours faisant la leçon, et de bonne foi.

- Sentiments, passions et signes (1926)

Le doute n'est pas au-dessous du savoir, mais au-dessus

- Propos sur l'éducation (1932)

Le bonheur, c'est la saveur même de la vie.

- Propos d'un Normand (1912)

Dormir, c'est penser peu, c'est penser le moins possible.

- Les marchands de sommeil (1919)

Ce n'est pas communiquer que communiquer seulement ce qui est clair.

- Propos de littérature (1934)

On peut d'un sourire guérir les peines de quelqu'un qu'on ne connaît pas.

- Éléments de philosophie (1916)

La joie familiale ressemble à la paix du jeune marsupial qui se blottit dans la poche maternelle, ce miracle ne s'use pas.

- Sentiments, passions et signes (1926)

Donner un bon repas à un homme qui a faim, c'est une espèce de caresse tout à fait matérielle. Il se peut bien, pourtant, que cette joie du corps soit l'origine d'un noble sentiment, si le bienfaiteur n'est pas indigne.

- Sentiments, passions et signes (1926)

Le fatalisme ne peut même pas être une pensée. Car si tout est déjà, si l'avenir est fait d'avance ou, comme on dit, écrit d'avance, il faut dire aussi que mes pensées sont faites d'avance ou écrites d'avance ; ainsi l'idée même de bien penser est ridicule ; or je ne vois point que l'on puisse former une idée si l'on ne se croit pas capable d'attendre, de choisir, de rejeter, de refuser.

- Sentiments, passions et signes (1926)

Rien ne ressemble plus à une attaque par ruse que les manœuvres de la prudence.

- Éléments de philosophie (1916)

La vérité ne se montre jamais si l'on ne la cherche.

- Éléments de philosophie (1916)

Aider les pauvres, soigner les malades, laver les plaies, cela est plus facile à dire qu'à faire. Et qui donc mépriserait les œuvres ? Que ce soit fraternel, qu'il n'y ait pas ici d'humiliés ni d'offensés, quoi de plus beau ? Les bonnes paroles descendent comme d'une source. Ô divine charité !

- Sentiments, passions et signes (1926)

Il n'y a pas que les sots qui aient besoin d'éloges, et renouvelés souvent.

- Éléments de philosophie (1916)

Il n'est pas d'homme qui soit tout à fait indifférent aux raffinements et aux grâces de la parure chez la femme qui lui tient le bras ; signe qu'il est heureux de l'approbation des autres ; vanité certainement.

- Sentiments, passions et signes (1926)

Chacun doute le mieux de ce qu'il connaît aussi le mieux.

- Éléments de philosophie (1916)

Il n'est pas de tyran au monde qui aime la vérité.

- Les saisons de l'esprit (1935)

Les prétendues querelles de religion sont d'habiles moyens pour masquer l'accord de religion.

- Les saisons de l'esprit (1935)

À vieille science, dieu jeune.

- Les saisons de l'esprit (1935)

Le temps n'est rien si on ne le pense.

- Les saisons de l'esprit (1935)

Justice ne peut attendre.

- Les saisons de l'esprit (1935)

Le caractère, c'est l'humeur pensée.

- Propos de littérature (1934)

Le beau est un genre de vrai, mais qui échappe à ceux qui cherchent le vrai.

- Propos d'un Normand (1912)

Exister est tout, et ne pas exister n'est rien.

- Propos d'un Normand (1912)

Le sourire est l'arme du sage contre ses propres passions et contre celles d'autrui.

- Éléments de philosophie (1916)

L'égoïsme est un fruit de civilisation, non de sauvagerie, et l'altruisme est son correctif.

- Éléments de philosophie (1916)

L'état d'homme est beau pour celui qui y va, avec toutes les forces de l'enfance.

- Propos sur l'éducation (1932)

L'enfant qui veut faire l'homme est plus sérieux que l'homme.

- Propos sur l'éducation (1932)

Le sommeil est un plaisir où l'on s'y perd ; on y glisse ; on s'y plonge.

- Propos sur l'éducation (1932)

3 - La liste des auteurs célèbres :

Les écrivains, philosophes et poètes français et étrangers »
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