Quand on a vécu deux années dans une passion amoureuse, on y tient par des fibres profondes !
La passion amoureuse flirte avec le réel et aime tout particulièrement les obstacles, les empêchements et les dilemmes. Elle se nourrit plus de l'impossible qui résiste à l'idéal de l'amour qu'elle cherche à préserver, plutôt que des possibles et des petits miracles du réel que permet l'amour confronté au quotidien. L'amour-passion, c'est une sorte de folie, la forme banalement pathologique de l'idéalité qui affecte le domaine des sentiments et infecte les relations instaurées, construites et entretenues sur leur base.
La passion amoureuse ne se contente pas d'aimer : elle adore. Elle verse surtout dans la démesure, elle donne dans la disproportion, elle raffole du paroxysme, du tout et du rien. Avec elle, tout ce qui n'est pas la passion c'est nul, du bidon. Elle ne s'économise jamais, ne s'épuise pas, même si elle fatigue. Elle renaît sans cesse de ses propres échecs dont elle se saisit aussitôt comme de défis excitants à relever. C'est un totalitarisme totalisant qui dévore celui-là même qui la porte en lui.
Il y a dans la passion amoureuse une démesure des sentiments, une accélération tourbillonnante des émois, semblable à un cyclone intérieur qui emporte tout. Une fois de plus, il faut repérer la position occupée dans ce cyclone. Quand on est l'objet d'une passion amoureuse, on en est parfois flatté au début, on se sent très important, mais rapidement très menacé, car brassé par les sentiments de l'autre, malaxé par ses demandes ou ses propositions, stimulé par leur créativité mais consterné à la longue par leur profusion ou leur incohérence. Quand on est habité par une passion amoureuse, on est à l'intérieur même du cyclone et la position n'est guère plus confortable ! La passion amoureuse ne connaît ni les contraintes de temps ni celles d'espace. Parcourir 400 kilomètres pour voir l'aimée juste un instant !
La passion amoureuse est idéalisée comme un but à atteindre. Seulement voilà, on n'a pas besoin de lui courir après, elle nous tombe dessus, nous enlève, nous prend tout, nous dépouille, pour nous laisser au bout du compte hagard, épuisé, farouche, à la fois impuissant et tout puissant. C'est un emprisonnement émotionnel.
La passion amoureuse, c'est un embrasement, un feu qui ravage et brûle tout : le passé, les souvenirs, les valeurs. Il rabote le présent, le réduit à la seule expérience qui vaille la peine d'être vécue : la présence de l'autre. A la seule réalité qui en attise les sensations : son absence cruelle. C'est un torrent tumultueux qui ne connaît aucun obstacle, seulement la pente glissante qui le conduit à dévaler vers son propre épuisement.
La passion la plus ardente, à la fois humaine et divine, c'est l'amour. L'amour, c'est la condamnation en chair et en os de l'égoïsme. Nul n'aime seul et pour soi. Aimer, c'est vivre et se sentir, comme le Créateur, dans un autre être que soi ; c'est l'avant-goût terrestre de la céleste béatitude. Un être humain qui aime, malgré la fumée ondoyante du feu de la passion, se transfigure, s'angélise, se divinise.
L'amour est une passion qui ne se soumet à rien, et à qui, au contraire, toutes choses se soumettent.
Si la durée de la passion amoureuse n'était pas chimiquement limitée à trois ans, la moitié de la population active arriverait en retard le matin au boulot.
Pour un cœur passionné, la pire douleur est de ne pas suffire au cœur qu'il aime.
L'amour est une passion qui souvent s'encanaille.
L'amour est une passion essentiellement égoïste ; qui dit égoïsme, dit profond calcul.
La passion amoureuse ou un haut degré d'ambition ont, de tout temps, changé des gens raisonnables en fous qui déraisonnent.
De toutes les passions, l'amour est celle qui dérègle le plus la raison.
La passion tumultueuse ne peut connaître les calmes délices de l'amour conjugal, parce qu'elle ignore les ravissements de la raison.
Quand l'amour-passion n'a plus de raison d'être, l'amour-compassion trouve encore de l'emploi.
La passion aveugle ne m'attire pas : je veux l'amour puissant mais clairvoyant, ayant conscience de sa valeur et de sa durée. Dans la relation amoureuse je fuis l'éruption d'un volcan où l'amour s'enflamme d'un rien, je recherche uniquement le rayonnement limpide et immortel d'une étoile.
Aucune passion comme l'amour n'est plus prompte à se rendre souveraine maîtresse de nos âmes quand nous la laissons une fois se développer sans entraves. La passion amoureuse est comme ces feux qui ont longtemps couvé, et qui sont inextinguibles, lorsqu'ils éclatent en plein air, et que le vent les ravive et les agite de toutes parts.
L'amour-passion n'est bien souvent qu'un feu de paille qui s'envole en fumée.
L'amour, la seule passion qui cherche son bonheur dans celui d'un autre.
L'amour est une passion qui met l'âme en désordre, et qui lui fait commettre les plus grandes fautes.
La passion de l'amour est comme la vapeur : plus elle est comprimée, plus elle a de force.
On aime plus passionnément lorsqu'on rencontre un être dont les sens, l'imagination et le cœur se trouvent dans le rapport le plus heureux et le plus intime avec notre sensibilité.
L'amour est la plus terrible et la plus honnête des passions, c'est la seule qui ne puisse s'occuper de son bonheur sans y comprendre le bonheur d'un autre.
Chez les nouveaux amants, les passions amoureuses sont comme des transports inconsidérés qui font sortir la volonté de ses gonds, laquelle, affrontant tous les obstacles, se précipite follement à la poursuite de son désir, et lorsqu'elle croit atteindre le paradis de ses visions, elle tombe dans l'enfer de ses peines. Si elle obtient ce qu'elle convoite, le désir décroît avec la possession de la chose désirée, et peut-être, les yeux de l'entendement s'ouvrant alors, on voit qu'il est juste de haïr ce qu'on adorait auparavant.
Ôtez l'amour de la vie, il ne reste plus rien ; toute passion se fane, tout se décolore en son absence.
L'amour est la plus naturelle et la plus violente de toutes les passions ; elle peut, selon le caractère de celui qui en éprouve les atteintes, mener aux plus grandes choses comme aux plus horribles ; elle se compose, comme toutes les autres passions, de peines et de jouissances, mais dans un cœur qui sait la régler, les dernières l'emporteront toujours.
L'amour est de toutes les passions la plus forte : elle attaque à la fois la tête, le cœur et le corps.
L'amour est une passion qui nous rend fou à vingt ans, et qui se calme à cinquante ans.
L'amitié, comme l'amour-passion et l'amour maternel, se double d'inquiétude.
L'amour sans passion, c'est une réforme sans pension.
L'amour emporte avec soi toute la vivacité de l'amitié, c'est une passion turbulente, et l'amitié est un sentiment doux et réglé.
L'amour, ce n'est pas une passion, c'est une maladie.
L'amour raisonnable dispose le cœur à la passion sensitive.
L'amour doit être passionnel, inconditionnel, fusionnel et jaloux, quitte à durer peu.
En amour, la connaissance est une pierre à aiguiser les passions.