La moquerie exercée par des hommes médiocres, et dont la tête est tout-à-fait vide d'idées, c'est le pays où les sots ont pris le parti de se moquer de tout ce qu'ils n'entendent pas. De là le discrédit jeté par l'opinion sur ceux qui s'attachent à déprécier leurs semblables.
Les hommes, tel le fat, sont plus enclins à la moquerie quand elle leur sert à faire applaudir leur conversation.
La moquerie suppose l'absence de toute affection bienveillante. Observez l'homme qui a du penchant à railler les autres : à coup sûr, il est aussi présomptueux que malin : rire en se moquant d'autrui, c'est vanter sa propre excellence.
La moquerie laisse des blessures profondes dans le fond des coeurs. Son poison ressemble à celui dont les sauvages se servent pour infecter leurs flèches ; il laisse dans l'âme offensée les empreintes les plus douloureuses.
La moquerie est l'arme des faibles contre les forts, c'est la ressource des petits contre les grands.
La moquerie est un penchant qui a ses racines dans l'orgueil et dans la méchanceté de l'homme ; elle est le résultat de cette joie cruelle qu'il éprouve à la vue des disgrâces qui peuvent affliger ses semblables.
La moquerie est un mélange de ce que l'envie et l'orgueil ont de plus venimeux, préparé par un mauvais cœur, dans le dessein d'empoisonner le prochain.
La moquerie est la marque d'une âme pleine d'envie, de présomption, de brutalité, d'effronterie, de bassesse et de tout ce qu'une âme lâche peut produire de plus indigne. Le Diable n'est qu'en effigie dans l'orgueilleux, dans le débauché, mais dans le moqueur il y est en original.
Depuis que la moquerie, cette fille aînée de la vanité humaine, est devenue plus générale parmi les hommes civilisés, l'homme social a perdu sa force et sa dignité ; on a aboli le respect pour la morale sacrée, et l'on a profané ce qu'il y a de plus profond et de plus sérieux dans le cœur de l'homme.
Considérée sous le rapport moral et dans le commerce ordinaire des hommes, la moquerie est un acte coupable par lequel on cherche à se donner un inférieur ; elle suppose l'absence de toute affection bienveillante.
L'esprit tourné vers la moquerie et la vulgarité n'excite pas ma sympathie !
La moquerie est l'esprit des gens qui n'ont pas d'esprit.
La moquerie et la calomnie sont le résultat certain de la confidence.
La moquerie n'est qu'une fausse liberté, c'est la revanche d'un esclavage.
Former des conjectures, c'est s'exposer aux moqueries de la fortune qui se joue d'elles.
Un niais inspire plutôt la moquerie que la compassion.
Souvent, chez les natures simples, la moquerie n'est qu'une forme de la défiance.
Rien de plus opposé à l'esprit que la moquerie, puisque rien n'annonce plus l'ignorance de ce qu'on doit aux autres et à soi-même.
La moquerie a recroquevillé et refermé la première végétation de mon cœur, comme les gelées de Mai brûlent les premières pousses du printemps.
Il faut s'aguerrir à la moquerie injuste, et plus encore à la moquerie juste.
Je ne puis supporter la moquerie, et le ridicule a sur moi une puissance déplorable. Il me fait renoncer à tout, crainte de me tromper et de prêter à rire. Je méprise les jugements du monde et je n'ose les braver. Quelle misère !
La moquerie est pire que la dureté, et la dureté plus nuisible que la négligence.
La moquerie, c'est le pire des genres d'esprit et le plus facile.
La moquerie est foncièrement stérile et inféconde, elle détruit tout et ne crée rien.
Froide ou sèche, acerbe ou pédante, la critique alors est sans fruit ; et le plus souvent elle nuit en se faisant décourageante. Moquerie est chose indigente : bien critiquer, n'est pas fronder, c'est éclairer et féconder.
Le cœur peut se flétrir s'il craint la moquerie ; contre ce froid reptile au souffle desséchant, à l'œil de basilic, fais toi l'âme aguerrie : Le cœur flétri devient dur et parfois méchant.
La moquerie me fait recoquiller tout entier, je n'ai point de force contre l'ironie et la froideur. Il me faut comme à un artiste, ou à une femme, de la prévenance et de la sympathie pour que ma psyché déploie ses ailes.
Qui moquerie sème, moquerie recueille.
Ce qui encourage le moqueur, c'est qu'il commence par un succès : la punition vient plus tard.
Le moqueur croit prouver à la fois qu'il a de l'esprit et qu'il n'a pas le défaut dont il rit.
Rien ne révèle la débilité et ne l'entretient comme la moquerie.
S'exercer à la moquerie, c'est avoir déjà et se conférer la volonté d'impuissance.
La moquerie est de toutes les injures celle qui se pardonne le moins.
La moquerie est souvent indigence d'esprit.
Le rire est souvent l'inverse de l'enthousiasme, c'est l'expression de la moquerie. L'envie rit, la malignité rit, le mépris rit.