Le plus grave inconvénient de l'inexactitude n'est pas dans la perte de temps que nous infligeons aux personnes que nous faisons attendre, mais bien dans le témoignage du peu d'estime en laquelle nous paraissons les tenir.
Dans la douleur que nous cause la mort de nos proches, il entre, comme dans tous les sentiments humains, et sans que nous nous en rendions compte nous-mêmes, une certaine dose d'égoïsme. C'est ainsi que nous souffrons de la perte d'un père et d'une mère, non seulement à cause de l'amour que nous leur portons, mais aussi parce qu'il semble que leur disparition nous laisse plus à découvert devant la mort, de même que le soldat se trouve plus exposé aux coups de l'ennemi, quand le premier rang de camarades qui le couvrait est tombé dans la bataille.
Je puis supporter tranquillement une perte, mais je résiste avec énergie à tout empiétement fait sur mes droits.
Une femme se console de votre perte auprès d'un autre homme qui sent mieux que vous le prix de son cœur.
La mort d'un ami, c'est plus que mourir soi-même que faire une pareille perte.
La perte d'une sœur ou d'un frère, d'une mère ou d'un père dans une famille, c'est une fleur de moins sur une branche, c'est un fruit de moins sur un arbre, une espérance de moins pour l'avenir, un souvenir de plus pour le passé, une larme de plus pour ce calice que Dieu tient ouvert sous l'œil de chacun de nous, et que nos douleurs doivent remplir jusqu'aux bords.
L'amitié que je ressens pour une femme, c'est celle, déjà, que l'adolescent que je fus ressentait pour la mère de ses amis ; elle est demeurée intacte tout au long de ces années. J'aime l'esprit des femmes.
Celui qui abandonne son semblable dans le danger participe à sa perte.
Me consoler de la perte de mon fils ? N'en parlons pas, n'en parlons jamais ; je ne veux pas être consolé. La vie, la destinée, je ne veux rien leur devoir. Je veux souffrir ; je veux pouvoir accuser à mon gré et le sort, et le hasard, et l'existence. Qui pourrait m'empêcher de les maudire ? Que n'ont-ils donné ? C'est une terrible chose que de perdre son fils ; mais ce qui peut être est plus terrible encore, ce sont toutes les pensées qu'une pareille perte vient réveiller dans les abîmes où l'on croyait les avoir enfouies pour toujours.
Il n'est point de moyen plus efficace pour se consoler de la perte de ce qu'on a aimé que de se rappeler à l’esprit le temps qui a précédé sa possession.
Si l'on savait plus sentir, on saurait moins s'instruire ; l'esprit ne s'enrichit que des pertes de l'âme.
Les défaites se vengent, les pertes se réparent, les ruines se relèvent ; il n'y a qu'une décadence irrémédiable : celle de l'homme.
On souffre quelquefois plus de la mort d'une illusion que de la perte d'une réalité.
La perte des illusions est une des plus grandes amertumes de la vie, plus grande peut-être que la perte d'un bonheur réel. Le bonheur perdu reste entier dans nos cœurs et toujours cher. Les illusions envolées ne laissent derrière elles que le regret de la déception, que la douleur de ne plus aimer.
On se console de la perte de ses biens, mais on ne se console jamais d'avoir perdu la douceur des sociétés agréables, et de souffrir l'ennui des importuns.
L'amour peut faire oublier l'amitié, mais non consoler de sa perte.
Ne comptez point sur la stabilité de votre prospérité, car une seule heure vous sépare peut-être de sa perte.
Combien de temps il se perd à combiner comment on l'emploiera ! Quelle perte !
Si l'on donnait à chacun le choix entre l'anéantissement de l'univers et sa propre perte, je n'ai pas besoin de dire quelle serait la réponse de l'égoïste.
Nous changeons presque toujours à perte le présent contre l'avenir.
On ménage son crédit, son argent, ses amis, la faveur des grands, et l'on prodigue le temps dont la perte est irréparable.
La perte des êtres chéris fixe les consolantes certitudes de la foi.
Toute femme qui pleure devant celui qu'elle aime est proche de sa perte.
Si un vieillard, autour duquel la mort a fait une morne solitude, sentait ses pertes comme on les sent dans la première moitié de la vie, un grand âge serait la plus terrible punition que la Providence pourrait infliger à l'homme.
Après la perte d'un être chéri, l'esprit et le cœur subissent un douloureux et long veuvage.
Calcul des probabilités : Permet d'intellectualiser les plus grosses pertes.
La mort de mon père et de ma mère m'a laissé prématurément seul au monde, cette double perte reste le plus poignant de mes maux. Entrer sans guide dans le monde, quoi de plus triste !
Combien de chagrins, de pertes et de privations, compense un précieux ami ?
Ceux qui ont souffert la perte des biens, de la santé et de l'honneur, sont bien plus propres pour consoler les personnes qui sont dans ces peines et ces douleurs que d'autres qui ne savent ce que c'est.
On se résigne à une perte, mais on ne se résigne pas à l'abandon d'une chance.
Il n'y a pas de malheur égal à la perte du temps.
Le temps employé à penser comment on pourra satisfaire un vice est une perte considérable sur la vie d'un homme.
Malheur aux hésitants, car tout leur tourne à perte.
La série interminable des déceptions et des désabusements, des pertes et des arrachements, use en nous la force qui console, la foi.
L'homme le plus puissant est impuissant devant le chagrin, la mort, la perte de ceux qu'il aime.
La perte d'un objet bon marché est préférable à celle d'un être cher. Encore que l'une n'empêche pas l'autre.
Si vous avez un bon ami que vous souhaitez conserver, observez de ne jouer avec lui que quand vous êtes assuré qu'il est très beau joueur ; et plus avec lui qu'avec tout autre, soyez fidèle à la maxime de ne jouer jamais que petit jeu. Les gros jeux d'argent donnent lieu aux injures qui produisent les querelles et les divisions. L'amitié nous plaît, mais l'intérêt nous domine, et la perte de notre argent nous touche plus que celle d'un bon ami.
La perte d'un être proche est sans remède.
Le plus heureux des hommes est celui qui a le moins de malheurs. Attendez-vous donc à en avoir, et lorsqu'ils arrivent, soutenez-les avec courage. Si la perte, qui fait le sujet de votre chagrin, vient de quelque accident que votre prudence n'a pu ni prévenir, ni parer, supportez-la avec résignation. Le chagrin ne remédie à rien, et fait souvent beaucoup de mal : il dessèche, il mine, il consume, il dérange la tête, et précipite au tombeau.
La perte des biens est, après celle de la réputation, une des plus rudes épreuves. Peu de personnes savent recevoir des coups de cette nature, sans murmurer contre la Providence, sans se livrer au chagrin, et quelquefois au désespoir. Ceux à qui ce malheur arrive sont comme inconsolables, leur perte est sans cesse devant leurs yeux, sans considérer que des biens si fragiles ne devraient pas leur être si chers ni les attacher si fort.
Qui travaille sans profit court à sa perte?