Les grands arbres attirent la foudre, et les grandes fortunes les quolibets.
Au lieu d'en être sottement flatté, l'homme vraiment digne de ce nom est agacé qu'on lui prête une bonne fortune qu'il n'a pas eue. Il lui semble que cela fait tort à toutes celles qu'il a eues réellement.
Peut-être montre-t-on trop d'estime et d'admiration pour les gens dont la fortune se compose : Premièrement, de ce qu'ils prennent aux uns ; secondement, de ce qu'ils ne donnent pas aux autres.
Fortune : Différence entre la recette et la dépense. Il n'existe donc pas de cassette sans avarice.
La fortune de l'homme tient à ce qu'il mène plus souvent une vie de chien qu'un chien une vie d'homme si l'on excepte les chiens d'aveugle et les chiens policiers.
Il y en a qui ne sauraient dire si la fortune leur a manqué, ou s'ils ont manqué à leur fortune.
La différence est si immense entre celui qui a sa fortune faite et celui qui doit la faire, que ce ne sont pas deux créatures de la même espèce.
Il n'y a que les malhonnêtes gens qui font fortune.
La Fortune fait tournoyer à sa guise les hommes qu'elle saisit déjà tout ligotés, les jette dans des situations soudaines, s'amuse à intervertir les destins, à décevoir ceux qui ont misé sur elle, et à surprendre ceux qui ne l'attendent plus.
Là où les violons se font entendre, les femmes y courent : quand on a la fortune pour soi, on a toujours de son côté celles qui lui ressemblent.
La fortune ne fait pas le bonheur, parce que le bonheur de l'homme n'a pas de thermomètre fixe et que son désir n'a pas de limites certaines ; mais je déclare que, parmi les choses qu'il recherche le plus obstinément, et qui, par conséquent, sont pour lui sinon le moyen unique de parvenir au bonheur, au moins un des plus certains pour se le procurer, la fortune doit être placée au premier rang.
La bonne fortune, on ne paye jamais le prix fabuleux qu'elle vaut.
Le plus fortuné des hommes est celui qui n'a pas besoin de la fortune.
Il faut ramener à des justes proportions la fortune de quelques riches.
La fortune, à ce que dit La Fontaine, vient quelquefois nous chercher dans notre lit, mais nous serions bien fous d'y attendre la justice.
La magnificence de la toilette d'une femme qui n'a pas de fortune, atteste deux choses qui lui font peu d'honneur : la prodigalité de son amant et la sottise de son mari : Quand madame les porte beaux, disait Scarron, monsieur les porte belles.
La fortune, quoique aveugle, sait maîtriser les passions et leur commander en souveraine.
Quand la fortune, cette brillante capricieuse, va visiter ceux qui paraissent la mépriser le plus, elle leur fait perdre contenance et les remplit de la joie la plus vive.
La plupart des gens ne cherchent à acquérir de la fortune que par une vanité presque toujours ridicule.
La fortune a, autant que le mérite, part à l'élévation des hommes.
L'homme qui a de la fortune croit posséder des richesses, et ce sont elles qui le possèdent et ne lui laissent aucun repos.
Il n'y a pas d'homme qui soit armé de toutes pièces contre les revers de la fortune, ou même contre ses propres passions : celui qui paraît le mieux cuirassé ne l'est que d'un côté comme la tortue ; retournez-la, il n'y a rien de si faible.
Il y a des gens qui n'ont de leur fortune que la crainte de la perdre.
Bien des fortunes se dissipent en même temps qu'on les gagne.
On dit que la fortune vient en dormant : il n'est pas nécessaire de dormir, il suffit de se coucher.
Les victimes de la fortune les plus à plaindre sont celles qui ne la poursuivaient pas.
Si la fortune prenait la peine de répondre à tous les malheureux qui lui cherchent querelle, elle prouverait qu'elle n'a pas, à beaucoup près, tous les torts qu'on lui prête.
Les gens de cœur et d'esprit se font leur fortune eux-mêmes.
La fortune permet le choix des meilleurs cadres pour bien mettre en relief et savourer la vie. Elle est aussi un beau volant pour donner l'illusion qu'on dirige où l'on veut sa propre destinée — les rames de la liberté.
Quand la fortune vient, attends ; quand elle attend, marche à elle.
Les gens d'esprit et de cœur se font leur fortune eux-mêmes.
Attachez-vous à la vertu, vous n'aurez pas à vous plaindre de la fortune.
La fortune seconde le courage.
Plus la fortune élève les humains, plus ils doivent se rapprocher de la terre, redouter les révolutions ordinaires de la vie, craindre les dieux, alors qu'ils nous comblent des plus grands bienfaits.
La fortune préside sur la vie des mortels, elle dirige les événements comme il lui plaît.
Une fortune élevée n'a point chez les mortels une longue durée.
Lorsque la fortune nous sourit, nous ne manquons pas d'amis, mais ils sont rares dans l'adversité.
On passe à la fortune un peu d'impertinence.
La fortune se fait une comédie de la vie des hommes.
La fortune change tout, triomphe de tout, et personne ne triomphe en dépit de la fortune.
Quelle que soit votre opulence, sachez qu'elle porte sur une base qui peut s'écrouler et qu'un flux d'air n'est pas plus muable que le souffle de la fortune.
C'est la fortune qui règle tout : tel individu est esclave aujourd'hui qui se verra demain en liberté, et tel autre est libre pour le quart-d'heure qui se réveillera dans les chaînes. Le destin pétrit les hommes à sa guise.
On aime à commencer la fortune de quelqu'un, mais jamais à l'achever.
On ne monte à la fortune que par degrés, il n'en faut qu'un pour en descendre.
Gardez-vous de regarder la fortune comme une déesse.
L'homme, dans la fortune, méconnaît tout le monde ; et dans la disgrâce, il n'est connu de personne.
Si la fortune fuit et méprise tant les gens d'esprit, qui le lui rendent bien, n'est-ce point par jalousie de les savoir plus riches qu'elle ?
La fortune est semblable à ces courtisanes qui chaque nuit changent d'amants, et prodiguent leurs faveurs au premier venu.
Qui cherche la fortune ne reste pas assis?